Présentation des articles du numéro de Mai-Juin,

670-671

dÉconomie et Politique

 

Prix : 9,5 €

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SOMMAIRE

Sommaire du Numéro 670-671

ÉDITORIAL

Peuple d'Europe, levez vous !

Alain Morin

 

CONJONCTURE

Chômage, emploi, salaire, tout va mal Madame la Marquise!

Tout le monde s’en souvient : Christine Lagarde glorieuse, les doigts en « V », annonçant tout sourire une baisse de 6 600 demandeurs d’emploi de catégorie A fin 2009. Le bout du tunnel était en vue, ça allait raser gratis. Malheureusement pour les travailleurs, la douche est froide. La crise financière a révélé crûment et amplifié les effets sur les travailleurs de la crise systémique du capitalisme. Le niveau du chômage explose, l’emploi stable se tasse au profit de l’emploi précaire et la hausse du pouvoir d’achat ralentit.

Frédéric Rauch

 

Une évolution salariale en perte de vitesse
En 2007, il a dit « travailler plus pour gagner plus ». Et il s’est appliqué une augmentation de salaire de 175%. Ce n’a pas été le cas des travailleurs en France. Malgré une hausse nominale des salaires dans le secteur privé et semi-public de l’ordre de 3,6% en euros cou­rants, en 2008, le pouvoir d’achat du salaire net moyen n’a augmenté que de 0,7%, soit 1,1 point de moins qu’entre 2006 et 2007.

Frédéric Rauch

 

 

EUROPEETRAITES

 

 

Quelle Europe nouvelle pour sortir de la crise

Sous la pression des marchés financiers ‒ et au prétexte des déficits publics et sociaux excessifs liés au renfloue­ment par les États des banques pour faire face à la crise financière de 2007/2008 ‒ se multiplient les plans d’austérité et les tentatives de dynamitage des modèles sociaux sur l’ensemble des pays européens.
Face à cette offensive réactionnaire d’importantes luttes se sont engagées : plusieurs journées de grève en Grèce, en Espagne, forte mobilisation contre la réforme de la retraite le 24 juin en France,... poussant à des recherches de convergences de lutte et de propositions permettant aux pays de l’Union européenne de commencer à s’émanciper des marchés financiers en ressaisissant autrement les outils financiers dont ils pourraient disposer, en premier lieu la Banque centrale européenne.

 

 

Europe: une crise d'une construction de domination

La crise d’une gravité exceptionnelle que connaît l’Europe aujourd’hui indique que c’est le type même de construction qui est en cause. Se contenter d’invoquer une insuffisance de régulation et ne réclamer que quelques amendements à son orientation actuelle revient à demeurer inscrit dans le même type de régulation qui a conduit aux difficultés.
Yves Dimicoli

 

 

Face à la crise de l'Euro: un fonds européen de développement social et une création monétaire de la BCE

Nous avons besoin de propositions alternatives audacieuses et cohérentes, face à la crise formidable des spéculations sur les dettes publiques européennes et de l’euro. En effet, les dispositifs mis en place par la Commission européenne, les États et le FMI, avec les plans de 110 puis de 750 milliards d’euros, en dépit de leur ampleur considérable, sont à la fois injustes et inefficaces. Ils sont même dangereux.

Paul Boccara

 

La France et la crise de l'Euro après le cas grec

Une humiliation : c’est bien ainsi qu’une partie des élites européennes a ressenti la participation du FMI au plan de secours à la Grèce. Fait plus inhabituel encore, l’expression est de Jean-Claude Trichet. De la part de l’ancien gouverneur de la Banque de France, passé maître dans l’art de contrôler chacune de ses expressions publiques, cette déclaration met en évidence, pour la première fois, une opposition entre le président de la Banque centrale européenne et le gouvernement allemand.Au moment même où beaucoup de commentateurs célébraient le facteur de stabilité qu’aurait constitué la zone euro dans la crise financière, l’attaque des marchés contre la Grèce a ainsi révélé, au contraire, la virulence des tensions au sein de l’Union monétaire européenne. Chacun a alors compris que l’existence même de l’euro était en jeu.

Denis Durand

 

 

 

SECURITE SOCIALE ET RETRAITE

Les comptes de la sécu dans le rouge

Le déficit du régime général, a doublé en 2009 pour atteindre -20,3 Md€. Cette très forte dégradation est due pour l’essentiel à l’impact de la récession, du chômage et de la régression des salaires sur les recettes.La branche maladie, qui a connu la plus forte dégradation (d’environ 6 Md€), est redevenue en 2009 la branche la plus déficitaire. Mais toutes les branches sont en déficit. Le déficit du régime général se creuserait encore en 2010 pour atteindre -26,8 Md€. Il porterait pour moitié sur la branche maladie comme en 2009.Le FSV redevient déficitaire.

Catherine Mills

 

 

 

Proposition de loi du PCF et du PG: Garantir le financement de la retraite à 60 ans

 

Catherine Mills

 

Retraite l'alternative - Les douze articles de la loi PCF-PG sur le financement de la retraite

 

 

Arguments pour la bataille sur les retraites

9 fiches réalisées par les commissions "Economie" et "Protection sociale" du PCF

 

 

Retraites: trois contributions sur la convergence public-privé

 

Vlady Ferrier - Roland Perrier - Eric Ferreres

 

 

 

TROISIEME PARTIE

La réforme du gouvernement de 2010

 

 

 

Le document d'orientation gouvernemental: programmer la regression

Le document d’orientation gouvernemental relatif à la « réforme » des retraites, tout en cherchant un consensus et à désarmer les résistances, programme la régression des pensions, le recul de l’âge de la retraite et l’accroissement de la durée des cotisations. Il refuse, pour l’essentiel, de véritables moyens nécessaires pour le financement des retraites

Catherine Mills

 

Les retraites par capitalisation dans la crise : une étude contradictoire de l'OCDE

La capitalisation des retraites n’offre aucune garan­tie dans un système spéculatif. Selon l’OCDE, la chute des cours de bourse a fait baisser les pensions de 23 % dans les pays où ce système de re­traite par capitalisation prédomine, soit de quelque 5 400 milliards USD au total dans les pays de l’OCDE. Les régimes privés de retraite ont subi de plein fouet le repli du cours des actions et de l’immobilier.

Catherine Mills

 

Cadre idéologique de l'offensive de la Droite sur les retraites

La bataille idéologique de la droite est construite à partir d’une matrice générale que l’on retrouve derrière le traitement de tous les autres problèmes et qui est aussi à la base, pour l’heure, d’un consensus entre la droite et les sociaux-libéraux en Europe. Et c’est dans ce cadre qu’elle développe un argumentaire propre à fataliser « sa » réforme des retraites.

Yves Dimicoli

 

Les propositions du Parti socialiste sur les retraites, le diable dans les détails

Au-delà d’une présentation de tonalité sociale et de contestation de la finance, le document « une réforme juste, efficace et durable » du parti socialiste sur les retraites est marqué par un désir de conciliation de plus en plus intenable entre le maintien de la logique de la rentabilité et des marchés financiers, et des prélèvements publics et sociaux sur les richesses à renforcer. On reconnaît certes le besoin de financements accrus, voire la nécessité d’impliquer les entreprises, et certains revenus du capital. Mais on ne touche pas aux entreprises et on ne fait que de la répartition, statique. On ne voit pas que la question fondamentale c’est l’emploi et la base « salaires » des cotisations, et donc qu’il faut changer le comportement des entreprises. Si on ne fait que taxer plus, elles réagiront, « l’assiette » de cotisation s’évaporera (ce que la droite à commencé à dire). Elles pousseront des cris d’orfraie sur la mise en cause de leur sacro-sainte « compétitivité ». C’est pour cela que la majorité des français, qui ne s’y trompent pas, pensent que le PS ne tiendra pas cela lorsqu’il sera au pouvoir. Ces propositions font ressortir d’autant plus le besoin de taxation précise des entreprises sur leurs comportements de rentabilité contre l’emploi, avec le double « levier » : leurs revenus financiers et la modulation des cotisations. Elles font ressortir à quel point la bataille des retraites ne peut pas être coupée de celle de l’emploi et des autres questions, comme l’euro et la politique monétaire. C’est dire à quel point elle est systémique et concerne tout le monde.

Alain Morin

 

QUATRIEME PARTIE

Un enjeu de civilisation : des propositions alternatives pour une réforme de progrès

 

 

Un nouveau financement de la retraite est possible et indispensable

Les retraites sont systématiquement présentées comme une charge, pour la société et pour les entreprises Pourtant, articulées à une politique familiale dynami­que et moderne comme à une politique de formation (des jeunes, mais aussi d’une formation tout au long de la vie) et à une création d’emplois efficace, elles contribueraient au contraire au développement éco­nomique et social

Catherine Mills

 

Pour défendre la répartition, promouvoir et réformer les cotisations sociales

Il faudrait dégager d’ici 2050 selon le rapport du COR, entre 1,9 % du PIB et 3,2 points de PIB supplémentaires, pour faire face aux besoins de
financement des retraites, selon les variantes, ce qui, en réalité, doit être relativisé, y compris au regard de l’évolution démographique et de la montée des besoins sociaux liés à la retraite.
Nous voulons garantir le financement des retraites et répondre aux nouveaux besoins, en maintenant et en développant le système par répartition.

Catherine Mills

 

 

Suppression des exonérations de cotisations patronales pour une relance véritable de l'emploi

Face à la montée du chômage qui en 1993, avait atteint 13 % en France, et aux immenses difficultés des PME, c’est le choix d’abaissement du coût du travail, promu par la droite et d’inspiration ultralibérale, qui a prévalu pour, prétend-on, créer des emplois non qualifiés en les rendant moins coûteux pour les entreprises

Alain Morin

 

Sécuriser l'Emploi et la Formation

La perte de 640 000 emplois dans le secteur privé, pendant la crise de 2008-2009, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, l’explosion du chômage des jeunes et du chômage de longue durée sont les principales causes des difficultés actuelles du financement de la retraite.

Cecile Bidard

 

Retraite: les syndicats, asociation et organisations politiques de gauche et de la jeunesse prennent parti

Dans le cadre d’un appel intersyndical large regroupant les organisations syndicales et politiques de la jeunesse de gauche, les jeunes ont rappelé leur attachement au système par répartition et leur volonté de défendre leur droit à une retraite digne dès 60 ans. Nous publions de longs extraits de cet appel...

 

 

 

Un service public de promotion des personnes agées et de leur activités sociales, enjeun de civilisation.

Au-delà de l’opposition et des résistances à la dite « réforme » gouvernementale sur les retraites, répondant de façon réactionnaire aux défis démographiques objectifs et fondamentaux de notre époque, au-delà même des contre-propositions efficaces sur les financements, c’est une transformation sociétale de très grande ampleur, concernant toutes les situations des personnes âgées, qui est en cause, et un véritable enjeu de civilisation.

Paul Boccara