Economie & Politique
Sommaire du numéro de juillet août 2008
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Sommaire
le sommaire du N° 648/649Présentation des articles du numéro :
ÉDITORIAL
Rentrée : le besoin de l’intervention des communistes
Céline Brulin
CONJONCTURE
Conjoncture économique internationale : Une crise qui perdure… dure… dure !
Yves Dimicoli
Le fait le plus significatif au plan économique international c’est la crise financière qui perdure depuis plus d’un an et continue de contaminer de nouveaux compartiments des marchés. On se rappelle que cette crise avait éclaté en juillet 2007 sur le marché des crédits hypothécaires à risque (subprimes) aux Etats-Unis, conduisant très rapidement, à l’accumulation d’importantes pertes bancaires et à des faillites de fonds d’investissements et spéculatifs. Ces pertes initialement chiffrées à quelque 200 milliards de dollars, auraient désormais dépassé 500 milliards de dollars. Ainsi se rapprocherait-on de l’estimation du FMI qui tablait sur une perte totale de l’ordre de 945 milliards de dollars.
La France au cœur de la tempête
Yves Dimicoli
Loin de protéger la France du ralentissement mondial de l’activité, à partir des Etats-Unis, la politique de sarkozy fait au contraire activement contribuer notre pays aux difficultés européennes et mondiales, envenimant ses principales fragilités accentuées au cours des 25 dernières années : la faiblesse de l’emploi en quantité et qualité, sur un fond de chômage de masse durable plus important qu’ailleurs dans la zone euro ; l’insuffisance de la demande intérieure et des qualifications avec des salaires au pouvoir d’achat laminé par les politiques patronales, la précarisation généralisée et la hausse des prix des produits et services nécessaires ; l’inefficacité croissante des productions nationales rongées par le cancer financier des opérations boursières, des prélèvements bancaires et de marché et par les exportations excessives de capitaux, dont des délocalisations. La politique de Sarkozy conduit la France vers de très graves difficultés.
ACTUALITE
RSA : une fabrique à emplois précaires
José Caudron
Prétendre améliorer la situation des travailleurs pauvres paraît certes un objectif louable et quasi unanimement partagé, mais ici, c’est l’occasion pour Nicolas Sarkozy de redoubler de démagogie. Le dispositif du revenu de solidarité active (RSA) présente en réalité nombre d’aspects critiquables déjà dénoncés dans un précédent article (1). Il reste tenacement arrimé à la vision libérale du marché du travail selon laquelle le chômage serait essentiellement volontaire et que l’existence des minimaux sociaux « désinciterait » systématiquement à la prise ou la reprise d’emploi. Cet a priori se double de l’obsession fantasmatique, pourtant démentie par toutes les statistiques internationales, d’un coût du travail prohibitif en France pour les emplois dits peu qualifiés. Cette opinion est désormais commune à la droite sarkozyste comme à la gauche libérale, si bien qu’un large consensus s’est instauré sur le revenu de solidarité active, « cheval de bataille » des politiques dites sociales du programme Sarkozy.
« Dynamiser les revenus du travail » pour mieux freiner les salaires
Alain Morin
Un projet de loi prétendument en faveur des revenus du travail va être examiné en urgence dès le mois de septembre. A la fois concret et idéologique, il cherche à intégrer le plus largement la société sur des objectifs régressifs. Ce sont 5 articles pour :
-- relancer le serpent de mer de l'intéressement pour les salariés des PME,
-- rendre disponibles les primes de participation en ces temps de chute du pouvoir d'achat,
-- modifier dangereusement les conditions de fixation du SMIC,
-- diviser et piéger les syndicats derrière un dispositif censé favoriser les négociations salariales. Derrière cette agitation il s'agit d'endiguer l'exigence massive d'une augmentation des salaires qui terrorise tant le patronat et obsède la Banque centrale européenne. La mobilisation du 27 septembre pour les salaires, à l'initiative du PCF, sera aussi une riposte à ce dangereux projet de loi.
Projet de loi de finances 2009
Côté face : l’enfoncement dans la récession
Côté pile : l’urgence de l’action pour imposer d’autres choix
Jean-Marc Durand
Avec le projet de loi de finances pour 2009 (PLF), le gouvernement entre dans le dur de sa politique de remodelage général des finances publiques et des services publics. La gravité du budget 2008 tenait en deux points : d’une part, l’accentuation de la baisse des prélèvements publics et sociaux et le rationnement des dépenses nécessaires au développement des services publics, de l’autre, l’engagement dans un cycle de réformes des plus réactionnaires des missions de l’Etat. La dangerosité du budget 2009 provient du fait que son exercice va consister, en s’inscrivant dans le cadre issu de telles réformes, à en matérialiser l’application et donc à accroître la part des prélèvements sur la richesse créé en faveur des profits financiers au détriment des dépenses socialement utiles alors que se dessine une conjoncture en forte dégradation.
Niches fiscales : vers la justice et l’égalité ?
Alain Paker
Confronté à des difficultés majeures en matière de finances publiques, le Gouvernement prépare une loi de finances pour 2009 dans un contexte délicat. Ni la croissance, ni l’amélioration durable du pouvoir d’achat des familles populaires, ni celle de l’emploi ( la baisse du chômage ayant notamment une origine liée à la démographie ) ou celle de la situation générale des comptes publics et sociaux ne sont pour le moment au rendez vous. Il y a donc fort à parier que l’équipe Sarkozy Fillon Lagarde entende mettre en oeuvre une réduction du nombre et de l’impact des dépenses fiscales, ce qu’on appelle, parfois un peu abusivement, les ‘ niches fiscales ‘.
La fusion ANPE-UNEDIC : quels objectifs pour servir la politique ultra-libérale de Sarkozy ?
Stéphane Guillou
La fusion ANPE/Réseau des Assedic, est l’aboutissement d’orientations dont les prémices remontent à 1997 voire 1992.
FINANCE
Le vrai scandale de la Société Générale
Yves Dimicoli
« Ça aurait pu être pire, tout va bien, nous continuons ! ». C’est en substance le message que viennent de délivrer les dirigeants de la Société générale (Socgen) à l’occasion de la publication, le 5 août dernier, des résultats de la banque pour le 2 ème trimestre 2008.
Débattre et agir pour une réorientation radicale des banques
Denis Durand
Face à la crise financière la plus spectaculaire depuis des décennies, les autorités se veulent à la fois prudentes et sereines. « Dans un environnement difficile en 2007, le système bancaire français a démontré sa capacité de résistance », affirme sobrement le rapport 2007 de la Commission bancaire, publié en juin dernier. « On ne peut prétendre que le système bancaire soit plus immunisé qu’un autre contre les développements négatifs de la crise, même s’il est incontestable que son exposition directe et indirecte aux produits financiers issus des subprimes reste en tout état de cause contenue. Aussi, malgré le recul des perspectives en termes de rentabilité, son assise financière demeure-t-elle solide ». Il est vrai que, jusqu’à présent, la France n’a pas connu de sinistre bancaire comparable à la faillite de Northern Rock en Grande-Bretagne, ou aux difficultés d’IKB en Allemagne, de Bear Stearns, Lehmann, Fanny Mae ou Freddy Mac aux Etats-Unis.
INSTITUTIONS
Institutions : La dérive bonapartiste
Anicet Le Pors
Je voudrais d’entrée lever un malentendu possible. Il est parfois considéré que la question constitutionnelle n’est pas une question prioritaire et qu’elle doit s’effacer devant la question sociale. Deux attitudes sont alors possibles pour ceux qui défendent ce point de vue : ou bien on n’en parle pas et on renvoie à plus tard la réflexion sur le sujet, ou bien on l’esquive en parlant d’autre chose, ainsi pour ne pas prendre position sur les institutions on parlera du droit des travailleurs dans l’entreprise, ce qui évitera toute discussion sur une position de classe aussi incontestable.
Le sarkozisme en voie de constitutionnalisation
Anicet Le Pors
Nicolas Sarkozy n’a pas de l’État de droit une conviction chevillée au corps. En témoigne le peu de cas qu’il a fait depuis son élection du texte en vigueur (art. 20 de la constitution : « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation ») et la désinvolture avec laquelle il a traité le Parlement (39 projets de lois débattus dans des conditions détestables). Il se veut pragmatique avant tout. Aussi ne faut-il pas s’attacher excessivement à l’exégèse du texte adopté par le Congrès, pour dégager plutôt la signification politique de la réforme.
Institutions : l’enjeu démocratique
Nicole Borvo Cohen-Seat
La réforme constitutionnelle votée à une voix près le 21 juillet au Congrès du Parlement n’apporte aucune réponse au divorce qui s’est instauré entre les citoyens et leurs institutions.
INTERNATIONAL
OMC : Genève 2008 ou l’agonie salvatrice du cycle de Doha
Yann Le Pollotec
En juillet dernier lors d’une réunion à Genève, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a été, un fois de plus, incapable d’arriver à une conclusion du cycle de Doha. Pourtant Pascal Lamy et son complice Peter Mandelson n’avaient pas ménagé leurs efforts. Ils pensaient tenir une fenêtre de tir idéale avec une administration Bush en fin de parcours, une Chine soucieuse de son image avant les Jeux Olympiques et une Inde en pleine crise politique. Mais heureusement pour les peuples du monde entier, le coup a manqué. L’OMC été prise au piège de sa propre logique de prédation. Cette crise appelle d’urgence une toute autre organisation internationale du commerce, de la production et de la circulation des biens et des services.
PROTECTION SOCIALE
Protection sociale, santé : 2008, année de la déconstruction
Docteur Michel Limousin
Décidément 2008 sera l’année de la déconstruction du système de protection sociale et de santé français. Faisons un point rapide.
MAI-JUIN 1968
Marxistes et Communistes dans mai-juin 1968, après et demain…
Paul Boccara
L'Huma est mon témoin. J'ai fêté le 13 mai 68 (et la page de l’Humanité du 16 mai 1968 à laquelle j'avais participé) par une interview le 13 mai 2008 sur la crise financière. Même sous d'autres formes, nous continuons le combat ! Mais pour cela, efforçons-nous de ne pas tomber dans les présentations unilatérales de 68, qui dominent encore partout, y compris dans le numéro hors série de l'Huma, en considérant ses différentes facettes réelles. À défaut d'une telle analyse, je me limite ici à quelques éléments négligés et même censurés aujourd'hui, des interventions des marxistes et communistes du PCF, dans la théorie comme dans les luttes, pendant, mais aussi avant et après ces mai et juin.
PARUTION
Nous publions le résumé récapitulatif du livre de Paul Boccara qui vient de sortir intitulé : « Transformations et crise du capitalisme mondialisé. Quelle alternative ? ». Comme on le voit avec la publication du sommaire, en page intérieure de couverture, ce récapitulatif ne reprend pas l'ordre du livre mais constitue une synthèse originale sur sa thématique.
Pour toute commande de ce numéro ou renseignements :Economie et Politique
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